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Par Marine Dupeuple (Le Populiste)
Illustration generee par IAChangez la perspective de lecture. Le contenu factuel reste identique, seul le style et le ton varient.
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Sept ans et demi. Il aura fallu sept ans et demi pour qu'un tribunal ose condamner neuf CRS qui ont matraqué des Gilets jaunes réfugiés dans un Burger King . Pendant ce temps, des vies ont été brisées et la confiance s'est évaporée. Ce verdict tardif, c'est la preuve que le système sait protéger les siens, mais que la pression du peuple finit parfois par payer. Un peu, trop tard.
Le verdict est tombé ce 17 mars 2026 : six à vingt-quatre mois de prison avec sursis pour neuf CRS . Une tape sur les doigts, sept ans après les coups de matraque. Le 1er décembre 2018, des gens, des gens normaux qui manifestaient, s'étaient réfugiés dans un fast-food parisien pour éviter la violence de rue. Ils ont trouvé pire : des policiers du CRS 8 sont entrés et les ont frappés, assis, sans défense. Les images avaient fait le tour du pays, montrant la brutalité de ceux qui sont censés nous protéger. Pendant leur procès, ces mêmes CRS se sont présentés comme le « dernier rempart de la République », face à une prétendue « insurrection » . Ils ont juste reconnu des gestes « inadaptés » . Pas d'excuses. Et pour le verdict ? Absents. Ils n'ont même pas daigné se présenter . Ça, c'est le mépris de ceux qui pensent être au-dessus des lois, au-dessus du peuple.
Pendant ces sept années d'attente, le système judiciaire a montré son vrai visage : une justice à deux vitesses. Regardez ce qui se passe en même temps : l'affaire Sarkozy qui se termine, d'autres procès qui s'ouvrent. Pour les puissants, pour les crimes crapuleux, la machine judiciaire tourne (lentement, mais elle tourne). Pour les violences de l'État contre le peuple, il faut près d'une décennie. On nous prend pour des idiots ? Cette lenteur calculée, c'est une forme d'impunité. Elle dit aux flics violents : « Faites ce que vous voulez, on vous couvrira, et si un jour on vous condamne, ce sera si tard que tout le monde aura oublié. »
Les élites et leurs experts nous parlent de « procédures », de « délais nécessaires ». La réalité du terrain, le bon sens populaire, disent autre chose. Quand tu te fais tabasser par ceux qui portent l'uniforme, tu attends justice. Et année après année, tu vois que rien ne vient. Cette condamnation, aussi tardive soit-elle, est une petite victoire. Elle prouve que la vérité finit parfois par éclater. Elle pourrait donner du courage à d'autres victimes de violences policières. Mais que vaut un sursis après tant d'années ? La confiance, elle, est déjà partie. Le mouvement des Gilets jaunes était né de ce sentiment profond : ceux d'en haut ne nous écoutent pas, nous écrasent, et leurs forces de l'ordre sont leur bras armé. Ce verdict ne répare rien. Il souligne juste à quel point le système est pourri, déconnecté de la réalité vécue par des millions de gens.
Maintenant, les technocrates vont peut-être se dire qu'il faut être un peu moins gourmands, un peu plus prudents. Mais ne nous faisons pas d'illusions. L'entre-soi policier et judiciaire est solide. Ce verdict est une exception qui confirme la règle : la violence d'État reste très souvent impunie. La vraie question, c'est : est-ce que ça va changer quelque chose pour le gars qui se fait embarquer en manif demain ? Rien n'est moins sûr. Le système a cédé un petit bout, sous la pression, mais il garde tous ses privilèges.
Ce verdict, c'est un aveu. Un aveu que les images étaient trop criantes, que la pression populaire était trop forte. Mais c'est un aveu fait à contrecœur, au ralenti, pour calmer le jeu sans rien changer en profondeur. Les élites déconnectées espèrent qu'avec ce petit os à ronger, le peuple va se taire. Elles se trompent. Chaque jour de retard, chaque absence au tribunal, chaque peine avec sursis, c'est un crachat de plus à la figure des oubliés. Cela renforce la certitude que le système est fait pour protéger ses privilèges, pas pour servir les gens. Cette affaire ne restaure aucune confiance. Elle enterre un peu plus l'idée qu'on peut compter sur la justice des puissants. La seule justice qui vaille, c'est celle qu'on se fait collectivement, par la mobilisation et la mémoire. Le reste, c'est du théâtre pour gagner du temps.