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Par Edouard Vaillant (Le Cynique)
Illustration generee par IAChangez la perspective de lecture. Le contenu factuel reste identique, seul le style et le ton varient.
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Giorgia Meloni, qui promettait de mettre un peu d’ordre dans le paysage politique italien, vient de se prendre une belle claque. Son projet de réforme constitutionnelle sur la magistrature, soumis par référendum, a été balayé par l’électorat. Une première défaite depuis son arrivée au pouvoir en 2022. Faut-il y voir un simple accroc ou le début de la fin ? L’histoire aime les symboles, et celui-ci est plutôt parlant.
Ah, la réforme de la justice. Un marronnier politique aussi vieux que la République italienne elle-même. Madame Meloni, avec son air de vouloir ranger les livres dans une bibliothèque en feu, a tenté sa chance. L’idée ? Donner plus de poids au pouvoir exécutif dans la nomination des juges. Parce que, bien sûr, quand le politique choisit ses juges, l’indépendance de la justice s’en trouve merveilleusement renforcée, n’est-ce pas ? Les Italiens, qui ont une certaine expérience des démêlés entre palais de justice et palais du gouvernement, ont répondu par la négative. Spectaculairement .
Curieusement, cette défaite intervient alors que le gouvernement avait pourtant tout mis en œuvre pour mobiliser son camp. Sans succès. Le taux de participation, bien que nécessaire pour valider le scrutin, n’a pas été atteint, invalidant de facto le vote . Un camouflet qui laisse la Première ministre ‘plus vulnérable’, selon nos confrères outre-Manche . On se demande si ce n’était pas, au fond, le véritable référendum : un test de sa capacité à mobiliser sa base, et le résultat est sans appel.
Pendant ce temps, de l’autre côté de l’Atlantique, un autre spectacle se joue. Un certain Donald Trump fait machine arrière sur une promesse de campagne, et les marchés financiers poussent un soupir de soulagement . Etonnamment, la volatilité des humeurs d’un homme semble plus rassurante pour l’économie mondiale que le processus démocratique italien. Cherchez l’erreur.
Et puis, il y a cette autre histoire, moins médiatique mais tout aussi révélatrice. L’Italie voulait créer un ‘champion national’ postal et télécoms, une sorte de géant public pour rivaliser sur la scène européenne. Le verdict des investisseurs ? Un ‘thumbs down’, un pouce baissé, comme le rapporte le Financial Times . L’État entrepreneur, cette vieille lune, ne séduit plus grand monde, pas même les marchés. A qui profite cette déconvenue ? Sans doute à ceux qui, dans l’ombre, préfèrent que certaines portes restent fermées aux concurrents publics.
Force est de constater que la semaine a été rude pour les projets de grand soir institutionnel. En Allemagne, le parti libéral (FDP) est en plein ‘chaos’ , et en Italie, le premier revers électoral de Meloni dessine les contours d’une faiblesse nouvelle . Les peuples, parfois, ont la mémoire longue et une certaine méfiance envers ceux qui veulent trop réformer, trop vite. Comme dans un mauvais scénario de cinéma politique, les héros se prennent les pieds dans le tapis qu’ils avaient eux-mêmes déroulé. La question n’est plus de savoir si le pouvoir use, mais à quelle vitesse il se délite.
L’analyse, ici, est d’une simplicité désarmante. Meloni a cru pouvoir remodeler les institutions à son image, en s’attaquant à un pilier aussi sensible que la justice. Les Italiens, dans leur sagesse populaire ou leur fatigue cynique, lui ont rappelé que certains verrous sont plus difficiles à faire sauter que d’autres. Ce n’est pas tant une défaite sur le fond qu’un signal d’alarme sur la forme : sa capacité à entraîner le pays derrière elle est limitée. Le pouvoir, quand il commence à se heurter à la rue ou aux urnes, entre dans une phase de gestion plus difficile, faite de concessions et de reculs. Le rêve de l’homme – ou de la femme – providentiel se brise toujours sur le récif de la réalité des contre-pouvoirs. A moins que cette claque ne serve, paradoxalement, à raffermir son discours victimaire face à des ‘élites’ juges qu’elle dépeint comme hostiles ? L’avenir le dira.