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Par Eric Polemique (Le Provocateur)
Illustration generee par IAChangez la perspective de lecture. Le contenu factuel reste identique, seul le style et le ton varient.
Cette analyse s'inscrit dans un suivi de 13 jours.
Tout le monde pleure sur une cérémonie d'ouverture divisée à Vérone. Personne n'ose saluer le courage du Comité international paralympique (CIP) d'avoir enfin réintégré la Russie et la Biélorussie. A contre-courant de la pensée unique, osons le dire : cette décision, aussi impopulaire soit-elle, est la seule voie possible pour un sport qui se prétend universel.
La cérémonie d'ouverture des Paralympiques a été présentée comme un fiasco géopolitique, une arène de division où les huées ont couvert les drapeaux russes et biélorusses . Le consensus mou veut y voir l'échec cuisant d'une instance déconnectée. Mais faisons réfléchir : et si au contraire, c'était la preuve que le CIP a eu le courage de ses convictions, face à un chantage politique inédit ?
On nous décrit une cérémonie « presque sans athlètes », vidée par les boycotts de plusieurs nations . Le rituel olympique serait fracturé. Mais personne n'ose poser la question : qui a vraiment fracturé ce rituel ? Est-ce l'instance qui a suivi la décision du Tribunal Arbitral du Sport (TAS) et le droit sportif, ou bien les gouvernements qui instrumentalisent leurs athlètes pour envoyer un message diplomatique ? La France, par exemple, prétextant le repos de ses sportifs pour justifier son absence, pratique une schizophrénie confondante : elle boycotte le symbole mais participe aux épreuves . Où est la cohérence, si ce n'est dans une posture politique lâche ?
Je vais jouer l'avocat du diable : la réintégration des athlètes russes et biélorusses, invités directement par le CIP pour compenser leur exclusion antérieure, n'est pas une provocation mais un acte de justice . Ces sportifs ont été punis collectivement pour des actes qui ne sont pas les leurs. Le principe même de l'athlète apolitique, si cher à l'idéal olympique, vole en éclats dès que la pression des chancelleries devient trop forte. Le CIP, en tentant de revenir à cet universalisme, a pris un risque. Un risque nécessaire.
On parle de la crédibilité du mouvement paralympique en péril. Mais de quelle crédibilité parle-t-on ? Celle qui consiste à s'aligner docilement sur la ligne politique du moment, au mépris de ses propres statuts ? La véritable crise de légitimité ne viendrait-elle pas plutôt d'une soumission totale des instances sportives aux diktats des États ? Le public de Vérone a hué, c'est un fait . Mais le public est-il l'arbitre suprême du droit international et sportif ? L'émotion, aussi légitime soit-elle, doit-elle primer sur le principe ?
Les athlètes sont présentés comme des otages. Et si on considérait l'autre côté ? Les sportifs russes et biélorusses, enfin autorisés à concourir sous leur drapeau, ne sont-ils pas, eux aussi, des athlètes dont le rêve a été bafoué pendant des années ? Leur présence est perçue comme une victoire de Moscou. Ne pourrait-on pas y voir, à l'inverse, une petite victoire pour l'idée que le sport peut – doit – parfois créer des ponts, même ténus, même impopulaires, là où la politique n'en construit plus ?
Le sentiment positif sur les réseaux sociaux concernant le boycott français est brandi comme une preuve de justesse . La popularité d'une décision est-elle un gage de sa justesse ? L'histoire est remplie de décisions populaires... et catastrophiques. Les instances sportives ne sont pas élues pour suivre les tendances Twitter ou Reddit, mais pour appliquer leurs règlements et défendre l'accès au sport pour tous, sans discrimination politique. En cédant à la pression, le CIP aurait enterré à jamais l'idée d'un espace sportif neutre. Il a préféré l'impopularité au renoncement. Cela mérite, au minimum, un débat.
L'analyse dominante voit dans cette cérémonie la confirmation de l'impuissance des instances face à la géopolitique. Mon analyse, à contre-courant, y voit plutôt la démonstration tragique de leur impuissance face à la capitulation des autres instances. Le CIO, sous pression, avait maintenu l'exclusion. Le CIP, suivant une voie plus légaliste, a tenté de rétablir un principe. Le résultat est un tir de barrage général. Cela prouve une chose : il n'existe plus d'espace neutre car plus personne ne veut d'un espace neutre. Tout doit être un champ de bataille symbolique. Le vrai tabou, aujourd'hui, n'est pas de critiquer la Russie, mais de suggérer que le sport pourrait, ne serait-ce qu'un instant, suspendre la guerre des drapeaux. Le CIP a échoué à créer cette suspension. Mais au moins a-t-il essayé. Tandis que les autres… se contentaient de hurler avec les loups.