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Par Edouard Vaillant (Le Cynique)
Illustration generee par IAChangez la perspective de lecture. Le contenu factuel reste identique, seul le style et le ton varient.
Alors que la Maison Blanche joue les durs à Caracas, son cirque intérieur atteint des sommets de vaudeville. Après une audition parlementaire où elle s'est fait dépecer par ses propres troupes, Kristi Noem, l'ex-étoile filante de la Sécurité intérieure, est virée par tweet . Pour la remplacer, Trump sort un sénateur cherokee et ancien cogneur de MMA. On croirait un scénario de série Z, mais non, c'est juste la gouvernance de la première puissance mondiale. À qui profite cette mise au rebut express, n'est-ce pas ?
Forcément, après s'être fait griller comme un steak par ses collègues républicains lors d'une audition parlementaire, la pauvre Kristi Noem ne pouvait plus rester . Sa carrière à la Sécurité intérieure ressemblait déjà à un florilège des bides politiques : entre l'histoire du chien passé par les armes et les victimes de l'ICE qualifiées de 'terroristes' à Minneapolis, elle avait accumulé un capital sympathie proche du zéro absolu . Curieusement, on la présentait il n'y a pas si longtemps comme une 'brightest star' de l'administration . Les étoiles filantes, ça brille un instant avant de se consumer. Il appert que son patron, grand adepte de la logique comptable, a décidé de 'couper ses pertes' . Un bouc émissaire de moins, un problème de moins à gérer. Quelle surprise.
Le choix du remplaçant est un morceau de bravoure. Markwayne Mullin, sénateur de l'Oklahoma. Son CV ? Dix ans à la Chambre, trois au Sénat, et surtout, une carrière passée à taper sur des gens dans une cage pour le compte de l'Ultimate Fighting Championship . Bien sûr, la Maison Blanche met en avant son expérience législative et ses racines cherokees . Un dur, un vrai, avec une touche d'identité indigène pour faire bonne figure. La réaction positive sur le subreddit r/IndianCountry, où l'annonce a obtenu un score de 159, montre que le coup de com' identitaire prend, du moins dans certains cercles. On se demande si on nomme un secrétaire d'État ou si on cast pour la saison prochaine d'une émission de télé-réalité.
Et Noem dans tout ça ? Pas question de la laisser dans la nature. Elle se voit offrir, avec une rapidité suspecte, le poste de 'Special Envoy for The Shield of the Americas'. Un joli titre pour une initiative de sécurité hémisphérique dont personne n'avait entendu parler la veille. Le recyclage est immédiat : discréditée sur le front intérieur, la voilà promue au rang d'ambassadrice d'une politique étrangère agressive. Un moyen élégant de lier l'instabilité chronique de Washington à ses aventures sud-américaines. Paradoxalement, plus tu échoues chez toi, plus on t'envoie représenter ton pays à l'étranger. La logique Trump dans toute sa splendeur.
Cette valse des secrétaires, la première du second mandat, intervient alors que le Département de la Sécurité intérieure est en 'shutdown' partiel, c'est-à-dire en état de léthargie avancée . On change le capitaine alors que le navire est déjà à la dérive. La prise de fonction de Mullin n'est prévue que pour le 31 mars, laissant des semaines de flou artistique dans une agence cruciale. Une gestion à vue digne du pilotage automatique, où chaque crise justifie un coup de théâtre médiatique pour éviter de regarder le vide stratégique en face. L'administration ne gouverne plus, elle survit en communicant. À quand le prochain épisode de ce soap opera, on se demande ?
Ce limogeage n'est pas un accident, c'est la norme. Une administration qui fonctionne comme un reality show, où les têtes tombent pour relancer l'audimat et où les échecs sont recyclés en promotions exotiques. La capture de Maduro, l'agitation en Équateur, et maintenant cette pantomime à Washington : tout n'est que narration de crise. On brandit des menaces extérieures pour faire oublier le désordre intérieur, et on sacrifie des pions pour faire croire à une action. Le véritable risque n'est pas une menace terroriste, mais cette instabilité institutionnelle érigée en système. Une superpuissance en pilotage automatique, ça finit toujours par se crasher. La question n'est pas de savoir si, mais quand.